Ne pas avoir de projet, est-ce un problème ?

Dans la vie, on ne sait pas toujours ce que l’on veut et pourtant, chaque jour, nous sommes confronté(e)s à cette question : « Quels sont tes projets ? ». La plupart du temps, les gens s’en créent juste pour renvoyer une image aux autres, histoire de dire qu’ils sont ambitieux, qu’ils ont la niaque. Mais la réalité est tout autre. Ces envies ne leur appartiennent pas vraiment car dans leurs têtes ils sont perdus, au fond ils ne savent même pas ce dont ils ont besoin. C’est peut-être votre cas. Alors, est-ce si grave que cela de ne pas avoir de projet ?

Que ce soit à l’école, au travail, lors d’une recherche d’emploi ou dans votre vie personnelle, la question vous sera posée automatiquement. Peut-être pas sous cette forme mais elle sera équivalente à celle-ci. C’est à croire qu’il serait quasi interdit d’être perdu(e) ou tout simplement de ne pas savoir. D’ailleurs est-on vraiment perdu(e) quand on ne sait pas ce que l’on veut ? À mon sens pas forcément car on peut aussi vouloir se laisser surprendre par la vie et choisir de faire des rencontres pour ensuite trouver son orientation. C’est un choix et non une situation subie.

Nous pourrions prendre ici l’exemple d’une personne qui cherche un emploi. En se rendant chez son conseiller qui l’aide à trouver un travail, il y a de fortes chances (je généralise évidemment) pour que celui-ci lui demande : « quel est votre projet ? ». En fonction de sa réponse, celui-ci lui proposera peut-être des formations pour devenir employable. Or comme le soulignait le sociologue Vincent Merle dans un de ses articles intitulé : « Faut-il former les chômeurs ? », les formateurs rencontrent des échecs pour former ce public. Ce qui amène, dans ce cadre là, à s’interroger sur la pertinence de la formation. Ceci pour dire que l’on cherche souvent à tort, à s’attribuer des projets et à s’obliger à faire des choses pour avoir ce sentiment d’avancer et d’être utile.

Avoir des projets est une bonne chose quand ils sont réellement souhaités et que vous avez la conviction que c’est fait pour vous. Mais lorsque vous n’êtes pas sûr(e), il faut, selon moi, accepter de ne pas savoir et prendre le temps de la réflexion même si cela doit prendre des jours, des mois ou parfois des années en fonction du domaine. D’ailleurs, vous pouvez avoir un projet et en changer le mois suivant car vos envies et vos ambitions évoluent. Dans la vie rien n’est figé, tout est en perpétuelle mouvement. Dans le cas évoqué ci-dessus, les personnes qui n’ont pas la motivation pour suivre des formations, ne le sont pas car elles n’en comprennent pas l’intérêt. Peut-être alors, est-ce en réalisant des activités à droite et à gauche si je puis dire, qu’elles finiront par se trouver et ainsi savoir ce vers quoi elles ont envie de s’investir.

Ne pas avoir de projet ne signifie pas que vous n’en aurez jamais, cela reflète juste un état de questionnement sur qui vous êtes et sur la ou les mission(s) que vous voulez vous donner. Au cours de sa vie, toute personne sera confrontée un jour ou l’autre à un ou plusieurs questionnements. C’est humain. Chaque individu recherche de la reconnaissance auprès des autres que ce soit en amour ou au travail. Et c’est ici qu’il faut être prudent entre faire les choses pour être quelqu’un aux yeux des autres et les faire pour s’épanouir. L’idéal est forcément d’avoir les deux. Seulement pour être reconnu(e), il faut d’abord vous convaincre vous que ce que vous faites est en adéquation avec vos valeurs et vos envies. Lorsque ce sera le cas, le reste suivra petit à petit.

Vous avez peut-être ce sentiment qu’il faut toujours aller vite, toujours plus vite, et c’est normal car notre société nous a conduit à tout avoir là, dans l’instantané. Je ne dirai pas ici si cela est bien ou mal car là n’est pas la question. Il faut juste garder en tête que nous sommes des êtres humains et qu’il faut savoir observer son environnement, s’écouter et analyser les situations avant de se lancer dans des périples. Auquel cas, si vous ne vous écoutez pas, vous perdrez plus de temps à vous essouffler qu’à réaliser quelque chose de constructif. Il ne s’agit pas de se reposer sur ses lauriers mais tout simplement de se laisser un délai pour récupérer toute l’énergie dont vous avez besoin, et de la mobiliser pour des sujets, des actions qui vous tiendront vraiment à cœur.

Comme me l’a si bien stipulé, Gwenaëlle Chatelain, une amie qui m’est proche et ancienne coach sportive, le fait d’être « paumé(e) », c’est aussi, sans le savoir, un état d’évolution, de mutation, un peu comme le passage de l’adolescence à la vie adulte.

Prenez donc votre temps pour réfléchir. Vous pouvez vous laisser porter et improviser en fonction de ce qui se produira. Ensuite vous pourrez faire des choix, mettre des actions en place et vous laisser guider par la vie. Si les choix établis ne vous semblent pas être les bons, d’autres opportunités s’offriront à vous pour faire différemment. Soyez tolérant avec vous-même et faites ce qui vous paraît être le plus juste pour vous sans vous sentir contraint(e) par le temps. Être quelqu’un pour les autres c’est bien, mais être quelqu’un pour soi et les autres, c’est mieux.

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